Utopies concrètes

Le Théâtre des Origines a été créé en 2004 par un collectif d'artistes souhaitant poser la question du lien entre le Patrimoine vivant et la création artistique en territoire méditerranéen.
Au-delà d’un spectacle, le Théâtre des Origines défend une forme artistique faisant appel aux « pratiques performatives » développant ainsi une recherche pour la fabrication d'une ethno-scène, la médiation des patrimoines vivants et l'élaboration d'un théâtre d'écologie culturelle.
Si les spectacles et les rituels (et/ou spectacles-rituels) du Théâtre des Origines font appel à ce qui est communément appelé « arts et traditions populaires » ils n'en sont pas moins profondément emprunts d'actualités sociales et d'engagements politiques.
Le laboratoire de la Cie navigue perpétuellement entre Théâtre, Rituel et Politique comme des miroirs se renvoyant éternellement  les questions fondamentales que sous-tend le concept de Culture.

 

La fabrication d'une ethno-scène
ou la continuité d'une ethnoscénologie méridionale

"L'humanité a inventé une infinité de pratiques sacrées et profanes pour célébrer les dieux et la nature, pleurer les morts, soigner les vivants, communiquer, se donner du plaisir, provoquer la crainte ou l'admiration, convaincre, séduire et aimer. Ces pratiques ont un caractère commun : celui de lier le symbolique à la chair, des individus en étroite association du corps et de l'esprit qui leur confère une dimension spectaculaire..."

Manifeste du Centre d'Ethnoscénologie française

 

En puisant dans le répertoire des rituels festifs et pratiques performatives occitanes et méditerranéennes le Théâtre des Origines fait naître une rencontre perpétuelle entre le spectacle et le rituel, nourrissant ainsi sa créativité et le corps de l'artiste.
La compagnie engage alors une recherche artistique sur le jeu de l'acteur méridional, le corps populaire, les figures traditionnelles que nous soumettons aux références sociales contemporaines.

Le travail de l'acteur mené par le Théâtre des Origines prend racine dans la tradition de l’actaïre, le saltaïre ou encore le jongleur, celui qui joue, danse, mime, chante, transmet, celui qui porte l'art populaire au cœur de la cité dans une volonté de partage, d'interculturalité et de transdisciplinarité.

Cette recherche autour des performances artistiques engendre alors une vision du spectateur qui n’est pas neutre. Considéré non pas comme quelqu’un qui porte un regard passif mais plutôt comme un témoin, celui « qui reçoit, qui effectue un travail cognitif, émotionnel, physique » (Jean-Marie Pradier) extrêmement variable d'une personne à l'autre. C’est pourquoi « les rituels festifs sont stimulateurs de l’imaginaire du spectateur, et non un récit à regarder » (Eugenio Barba), en opposition au simple jeu représentatif.

 


Un théâtre-outil des communautés
ou la tentation d'un théâtre rhizome

« Le théâtre n’est pas seulement ce qu’il montre, il est aussi ce que sont les gens qui le font ».
Arpad Schilling

 

Parce que le Théâtre des Origines restaure en même temps qu'il crée des rituels festifs, il se frotte aussi à la question des spectateurs et/ou des communautés à qui il s'adresse. Travaillé par la question de sa médiation c'est un théâtre qui n'a pas vocation à s'adresser uniquement à un public du spectacle ni même uniquement au public de la fête. Mais alors dans ce processus bouleversant les frontières entre public et comédiens, entre l’œuvre théâtrale et le rituel communautaire, c'est un procédé créatif qui se dessine, se cherche et tente de redéfinir les rapports entre théâtre et politique.

Les rituels festifs contribuent selon l'UNESCO « à marquer le passage des saisons, les moments du calendrier agricole ou les périodes d’une vie humaine. Ils sont étroitement liées à la vision du monde qu’a une communauté et à sa perception de son histoire et de sa mémoire ". Travailler à une jonction entre rituel et spectacle serait un moyen de réinterroger la poétique d'un lien fragile entre l'Humanité, la Nature, la Cité et le Sacré tout en apprivoisant notre capacité à créer le monde dans lequel nous souhaitons vivre.

Il ne s'agira pas alors de faire un bon et beau spectacle mais un spectacle qui serait efficace à l'endroit de sa communauté, en cela le laboratoire du Théâtre des Origines serait pragmatique : envisageant la connaissance sous l'angle de son efficacité et non de sa vérité absolue.
Faire vivre et imaginer le laboratoire d'un théâtre communautaire aurait pour objectif de parvenir à la forme d’expression d’une communauté qui lui permette de se voir, de se raconter, de se penser, de se critiquer, de se vivre. Par le biais du spectacle-rituel c'est un laboratoire en marche qui se crée entre acteurs et "spect-acteurs" en permettant à tout un chacun de se questionner et d'agir collectivement.

 

Un théâtre d'écologie culturelle

"Les bonnes histoires plongent dans de riches passés pour soutenir des présents épais afin que l'histoire continue pour ceux qui viendront après"
Donna Haraway

 

L'enjeu de ce théâtre-laboratoire est de donner les clés d'une culture qui nous a été donné en héritage dans le but de la transcender et d'ensemencer les mystères de l'humanité pour mieux cultiver les graines des créativités humaines.

Si le Théâtre des Origines choisit de transmettre et d'être médiateur d'un patrimoine vivant il choisit également de se placer dans une démarche agri-culturelle dans le sens où les spectacles-rituels s'intègrent aux mouvements des écologies humaines et culturelles. Ainsi la Cie s'efforce de créer des formes adaptables en prenant en compte les diversités humaines et environnementales qui en font les spécificités.

C'est aussi un autre moyen de production et de diffusion que propose la Cie comme une forme de nourriture charnelle souhaitant dépasser l'engloutissement des formes artistiques par les logiques du monde néolibéral.

 

Des artistes engagés pour la reconnaissance des droits culturels

Les droits culturels reposent à la fois sur le respect de la diversité culturelle et sur celui des valeurs universelles.

 Patrice Meyer-Bisch

L’amendement n° 614 à l’article 28 de la loi sir la Nouvelle Organisation Territoriale de la République (loi NOTRe) a été proposé pour « garantir les droits culturels des citoyens ».
« Sur chaque territoire, les droits culturels des citoyens sont garantis par l’exercice conjoint de la compétence en matière de culture, par l’État et les collectivités territoriales »
Parce que le droit de participer à la vie culturelle a été longtemps considéré comme secondaire dans les démocraties, parce que les droits culturels sont un enjeu majeur de paix sociale, les artistes du Théâtre des Origines s'inscrivent dans une démarche artistique permettant et valorisant la  reconnaissance des diversités culturelles. Ainsi les démarches artistiques engagées visent à donner le « pouvoir d'agir » à nos humanités.

 

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